Interview-Portrait : Krako Design, de la cordonnerie à l’immobilier

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Krako Design, Kra Konan Patrick à l’état civil, est un jeune fabricant de chaussures basé à Yopougon, non loin de la célèbre Rue Princesse. Passionné de son métier, il a su, grâce à sa détermination et son organisation, faire des économies pour créer des plantations et s’invertir aujourd’hui dans l’immobilier. Portrait.

Un mot sur vous-même

Je suis Krako Design, à l’état civil Kra Konan Patrick, fabricant de chaussures, artiste-chanteur et opérateur économique.

Un mot sur votre parcours

Cela fait seize ans que j’exerce ce métier. J’étais auparavant cireur. Je me débrouillais un peu dans le cirage de chaussures. C’est comme ça que tout est parti. Bien avant cela, moi-même j’avais un grand amour pour les chaussures. Je me suis dit qu’un jour, il faut que je devienne un grand fabricant de chaussures. C’est ainsi que je continuais de cirer et après, je suis allé dans des ateliers pour me perfectionner. Et c‘est comme ça que tout est parti…Je fais une chaussure en deux heures de temps.

J’avais pour ambition d’avoir un jour mon atelier. Donc le peu d’argent que je gagnais, j’investissais dans le matériel et je partais apprendre auprès des ainés. C’est alors que j’ai pu ouvrir mon premier atelier en 2002. Aujourd’hui, j’ai trois ateliers avec des magasins de dépôt-vente.

Le métier de bottier nourrit-il son homme ?

Oui, je peux dire que le métier de fabricant de chaussures nourrit plus qu’une famille.

Vous êtes également artiste-chanteur…

La musique est héréditaire chez nous. C’est un patrimoine familial. Donc je ne pouvais pas m’en passer. Avec le métier que je fais, ça va avec. Parce que je développe un concept qui commence à prendre son envol. Mon premier album intitulé ‘’Persévérance’’ prône la réconciliation. Sur scène, je partage des chaussures, mais en singleton. Si bien qu’une autre personne détient l’autre pied de la chaussure que vous possédez. Une chaussure étant une paire, celui qui veut la paire sera obligé de négocier avec celui qui dispose de l’autre pied. Pour moi, c’est par la négociation, la complémentarité et la volonté de coopération avec son prochain qu’on peut vivre la réconciliation.

La cordonnerie vous a conduit à l’agriculture, puis à l’immobilier…

Cela fait huit ans que je suis planteur. J’ai fait une plantation de cacao et tout cela, grâce à la cordonnerie. Cela veut dire qu’avec la cordonnerie, on peut tout faire. Je conseille cela aux jeunes. Aujourd’hui, je suis aussi dans l’immobilier, dans l’hôtellerie. Je suis en train de construire un grand hôtel.

Un conseil aux jeunes…

Les ivoiriens ont négligé ce secteur, et les étrangers venaient faire ce boulot, pour aller réaliser des choses chez eux.

Il suffit de prendre son métier au sérieux, on peut réussir et aller loin. Je conseille à celui qui est déjà bottier de s’y mettre à fonds.

Je voudrais dire à toute la jeunesse, en tout cas celui qui a son métier, quelque soit ce métier, qu’il le prenne au sérieux. En prenant son métier au sérieux, on peut réaliser tout ce qu’on veut.

A cette jeunesse qui quitte nos frontières pour aller de l’autre coté de l’Atlantique, je voudrais lui dire qu’il y a tout ici. Il suffit seulement de prendre courage, travailler dur et croire en soi-même.

Réalisée par Hervé Gobou

rvgobou@yahoo.fr