Investissement agricole : Un atelier pour finaliser le PENIA 2017-2025

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L’ATELIER NATIONAL DE FINALISATION DU DOCUMENT DU PROGRAMME NATIONAL D’INVESTISSEMENT AGRICOLE DEUXIEME GENERATION (2017-2025 ) s’est ouvert ce mardi 03 octobre 2017 à l’hôtel N’SA de Grand-Bassam. M.Niamkey Taï troisième adjoint au maire de Bassam a souhaité la cordiale bienvenue aux participants. Représentant le ministre de l’agriculture et du développement durable, le Dr Nouhou Coulibaly, directeur de cabinet, s’est adressé en ces termes, << Je voudrais tout d’abord, au nom du Ministre de l’Agriculture et du Développement et de ses pairs en charge des Ressources Animales et Halieutiques, des Eaux et Forêts, de la Salubrité, de l’Environnement et du Développement Durable, vous remercier d’avoir répondu favorablement et de façon massive et distinguée à l’invitation qui vous été faite, de participer à l’atelier de Finalisation de l’élaboration du document du Programme National d’Investissement Agricole (PNIA), deuxième génération et devant couvrir la période 2017-2025. Ce document qui doit constituer pour nous acteurs du secteur agricole, la conjugaison de toutes interventions, aussi bien privé (OPA y compris) que du public.

 

Il a fallu  abattre un  dur labeur avant ce jour qui nous rassemble : depuis le lancement en Novembre 2016 par SEM Daniel Kablan DUNCAN, Premier Ministre d’alors et Aujourd’hui, Vice-Président, passant par le diagnostic de mise en œuvre de la phase 1 du PNIA, des ateliers thématiques et régionaux et des rencontres par pool d’acteurs et cadre de concertation. C’est le lieu de reconnaître le mérite de l’équipe de travail sans laquelle ce document n’aurait pu se réaliser. Je voudrais  féliciter les membres qui la composent.

Comme toute œuvre humaine, le document PNIA 2.0 n’est pas parfait. C’est d’ailleurs la raison fondamentale de nos réflexions au cours de ces trois jours. Cette durée certes longue, mais courte, pour ce que le secteur agricole représente pour l’économie ivoirienne. J’ai tendance à le dire, si nous devons arriver à l’émergence à l’horizon 2020, le secteur agricole doit y être avant ; car il constitue la locomotive de l’économie ivoirienne. Personne ne peut en dire le contraire, jusqu’aux dernières nouvelles.

 

Avant d’aller plus loin, souvenons-nous de cette époque où on disait « le succès de ce pays repose sur l’agriculture », c’est parce qu’il y avait un cadre cohérent d’interventions et qu’une bonne part du budget de l’Etat était affecté au secteur agricole. Aujourd’hui, nous assistons à une situation cocasse où tout part de la ville vers la campagne. C’est par exemple le cas, au moment des évènements heureux ou malheureux  dans nos villages, où l’on est obligé d’apporter  de nos villes tous les vivres y compris les condiments.

Avec la mise en œuvre de la phase 1, l’investissement a été renoué dans le secteur agricole après plus d’une décennie de crise politico-militaire. Il est important de le signaler : les objectifs de croissance agricole ont été atteints. Il reste néanmoins à les consolider.

C’est pourquoi l’orientation que nous devons prendre au cours de cet atelier de finalisation doit porter sur la transformation structurelle du secteur agricole : un secteur plus résilient au choc climatique, la transformation de nos produits agricoles et en mettant un accent particulier sur la production vivrière insuffisamment soutenue au cours des décennies précédentes. Cette option vise l’atteinte de la sécurité et la souveraineté alimentaire.

Notre analyse doit aller aussi dans le sens de la prise en compte des jeunes et des femmes dans le secteur : quelles mesures pour attirer nos jeunes. Il faut nécessaire un secteur attractif, pas avec les moyens actuels de production mais, des moyens plus modernes, accessibles.

Je ne voudrais pas être long, mais il me faut dire un mot sur les Organisations Professionnelles. Ce sont elles les premiers privés, un rôle qui  n’est plus à développés. Le constat actuel n’est pas reluisant (i) par leur conformité avec l’acte uniforme OHADA et (ii) par leur désaccord permanent. Je voudrais vous appeler ici à jouer pleinement votre rôle, sans anticiper les attentes de l’atelier sur la structuration des OPA.

 

A l’endroit des Partenaires Techniques et Financiers, à quoi servira ce travail, si noble soit-il, si le contenu du document n’est pas mis en œuvre. Mon plaidoyer va dans le sens de votre soutien à la mise en œuvre des programmes identifiés. C’est pourquoi, je vous invite à analyser en profondeur ce document pour son contenu cadre avec vos orientations stratégiques définies par vos institutions.

 

Il reste bien entendu que pour la mise en œuvre de ce Programme, les politiques publiques doivent évoluer et les stratégies s’adapter. Pour ce faire, un dialogue permanent doit s’instaurer entre les différents acteurs (Etat-secteur privé-services de recherche et d’encadrement-familles professionnelles-partenaires techniques et financiers bi et multilatéraux, etc.).

 

Il revient et reviendra toujours à l’Etat, de créer les conditions propices à l’investissement car la philanthropie n’a pas sa place ici. En effet, sans assurance d’un retour sur investissement, le privé ne s’engagera pas. Il en est de même pour les bailleurs de fonds.

 

Ne nous voilons pas la face, les bailleurs de fonds internationaux, malgré leur appui, ne pourront jamais se substituer aux nationaux. C’est pourquoi, il faudrait désormais cibler des interventions débouchant sur des résultats très concrets.

 

Je voudrais me réjouir de la présence massive des PTFs. Celle-ci marque à n’en point douter, leur volonté à nous accompagner à disposer d’un PNIA 2.0 pertinent et cohérent. Cette volonté devra se traduire dans les faits par des investissements innovants lors de la Table Ronde de mobilisation des ressources prévues lors du SARA 2017.

 

Avant de clore mon propos, je voudrais vous rappeler que l’une des grandes innovations de ce PNIA 2 est l’approche « Agro-Pôle » que je souhaite vivement que vous l’analysiez en vue d’une spécificité ivoirienne dans un cadre de prospérité partagée.

 

Que ce PNIA 2 soit pour nous un instrument de souveraineté et l’occasion de préserver un cadre de confiance entre les différents acteurs du développement agricole, et ce faisant de redonner espoir au monde rural. « Là où il ya la volonté, il y a un chemin » >>