Migrations économiques et déplacements forcés: Les Banques multilatérales de développement lancent une nouvelle plateforme pour la coordination des interventions

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WASHINGTON, le 20 avril 2018 – Sept banques multilatérales de développement (BMD) ont lancé une nouvelle plateforme en vue de renforcer leur collaboration dans le cadre des migrations économiques et des déplacements forcés. Lancée en marge des réunions de printemps du Fonds monétaire international (FMI) et du Groupe de la Banque mondiale, cette plateforme a pour but d’appuyer le dialogue stratégique et la coordination opérationnelle des BMD afin de maximiser l’impact de leur engagement croissant dans ces deux domaines.

Bien qu’elles relèvent de questions très différentes et nécessitent des interventions distinctes, les migrations économiques et les déplacements forcés présentent, d’un côté comme de l’autre, un défi complexe en matière de développement. On estime à 250 millions le nombre de migrants économiques à l’échelle mondiale et à environ 66 millions le nombre de personnes déplacées de force en tant que réfugiés ou personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays qui ont fui des conflits et des persécutions.

Cette nouvelle plateforme traduit la volonté marquée des BMD de renforcer leur collaboration pour relever ces défis, en réponse à une requête en ce sens de la part du G7. Après avoir présenté un cadre d’action stratégique devant la réunion du G7 qui s’est tenue à Bari en Italie, en mai 2017, les BMD ont travaillé en étroite collaboration à la préparation d’initiatives stratégiques dans le cadre de la nouvelle plateforme.

Cette coopération se poursuit actuellement. Depuis que le lancement de la plateforme a été annoncé pour la première fois en octobre 2017, les représentants des MDB se sont réunions à plusieurs occasions pour discuter de leurs approches, résultats et défis respectifs. Au cours des ces discussions, ils sont convenus d’étudier plus avant dans le cadre de la phase initiale de la plateforme les quatre domaines prioritaires suivants à même d’augmenter l’impact de leurs interventions :

1.   perfectionner le cadre commun pour l’engagement des BMD ;

2.   renforcer la coopération en matière de connaissances, d’éléments probants et de données ;

3.   assurer la coordination stratégique, de concert avec les gouvernements, les Nations Unies et d’autres partenaires, sur les questions prioritaires ; et

4.   déployer des instruments et produits mieux ciblés.

 

La cérémonie de lancement de la plateforme s’est tenue en présence des représentants de toutes les BMD participantes – la Banque africaine de développement, la Banque asiatique de développement, le Groupe de la Banque mondiale, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement, la Banque européenne d’investissement, la Banque interaméricaine de développement, la Banque islamique de développement – ainsi que des députés du G7 et des partenaires stratégiques, dont la Commission européenne et le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR). À cette occasion, les dirigeants de ces institutions ont fait les déclarations suivantes :

M. Akinwumi Adesina, président de la Banque africaine de développement : « Il est essentiel d’instaurer la résilience des communautés fragiles pour réduire l’exclusion économique, sociale et politique. Même quand des personnes vivent au sein de communautés fragiles, elles nourrissent des espoirs et des aspirations que l’on ne peut pas anéantir. La Banque africaine de développement a consenti des investissements très conséquents dans les États fragiles d’Afrique, contribuant à renforcer l’éducation et les institutions, et à fournir des infrastructures essentielles, particulièrement dans les domaines de l’électricité, de l’eau et de l’assainissement. Nous nous félicitons de cette nouvelle plateforme, qui nous permettra de collaborer avec d’autres banques multilatérales de développement, en nous focalisant sur les cas de fragilité afin de promouvoir le développement inclusif. »

Mme Ingridevan Wees, vice-présidente du département Finances et gestion du risque de la Banque asiatique de développement : « L’objectif de la plateforme visant à promouvoir une harmonisation stratégique et une coordination opérationnelle entre les BMD cadre avec les principes auxquels la Banque asiatique de développement a souscrit en matière de partenariats et de collaboration avec les institutions multilatérales et les pays membres. Nous nous réjouissons à la perspective de participer, de tirer des enseignements de nos expériences respectives et de contribuer à élaborer des interventions efficaces pour répondre à ces besoins de développement urgents. »

Sir Suma Chakrabarit, président de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement : « Les migrations comptent parmi les plus grands problèmes du monde. Il est vital de poursuivre l’amélioration de la coordination des BMD pour apporter une aide économique, notamment aux réfugiés ainsi qu’aux pays qui les accueillent. »

M. Werner Hoyer, président de la Banque européenne d’investissement : « Le défi que posent les déplacements forcés et les migrations économiques nous concerne tous et représente une responsabilité que nous devons assumer tous ensemble. C’est pourquoi la Banque européenne d’investissement entend assurer le succès de cette nouvelle plateforme. Les banques multilatérales de développement du monde peuvent véritablement changer la donne en finançant les opportunités et les services essentiels – mais seulement si nous travaillons ensemble. »

M. Luis Alberto Moreno, président de la Banque interaméricaine de développement : « Les migrations et les déplacements forcés sont deux enjeux qui concernent de près les pays d’Amérique latine et des Caraïbes. Nous collaborons activement avec nos pays membres pour remédier aux causes profondes des migrations dangereuses, particulièrement celles au départ de l’Amérique centrale, en accélérant le développement économique, en améliorant les services publics et en renforçant les institutions concernées. Cette plateforme nous offre l’occasion unique d’unir nos forces et d’apprendre de nos expériences respectives. »

M. Bandar Hajjar, président de la Banque islamique de développement : « Nous étendons nos opérations en nous rapprochant de nos pays membres afin de pouvoir renforcer le soutien que nous apportons aux populations dans le besoin, notamment aux personnes déplacées et aux migrants économiques. La stratégie d’éducation électronique lancée par la Banque islamique de développement en faveur de réfugiés syriens offre un exemple des efforts déployés par notre banque pour renforcer les capacités des migrants économiques. Plus tôt ce mois-ci, nous avons lancé un fonds de 500 millions de dollars EU (« Transform ») qui permettra aux PME et aux innovateurs d’accéder à des ressources et qui contribuera à relever les défis que rencontrent les personnes déplacées. Il vient compléter notre partenariat avec TWAS (Third World Academy of Sciences – Académie des sciences du tiers monde) pour venir en aide aux scientifiques réfugiés. »

Mme Kristalina Georgieva, directrice générale de la Banque mondiale : « Le monde est devenu à la fois plus riche et plus fragile. À la Banque mondiale, nous sommes déterminés à venir en aide aux personnes déplacées, aux migrants et aux communautés qui les accueillent, ainsi qu’à décupler notre impact en renforçant notre collaboration avec d’autres institutions multilatérales ».

 

 

 

 

 

 

 

 

Hervé Gobou, avec la BAD

rvgobou@yahoo.fr