QUE VALENT CES TRAVAUX DE RÉHABILITATION DES ROUTES S’ILS SONT MAL FAITS ?

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Notre pays la Côte d’Ivoire possède, que dis-je, possédait  l’un des meilleurs réseaux routiers en Afrique dit-on. Que reste-t-il de  cet acquis ? Aujourd’hui force est de constater qu’il n’en reste que des reliques. Les voies bitumées faites sous la présidence du premier Président de la République feu Félix Houphouët-Boigny tombent en ruine. Aucun véritable chantier n’est engagé si ce n’est pour refaire les anciennes routes dégradées. Et de quelle manière ? C’est ce à quoi nous voulons nous intéresser aujourd’hui. Comment les autorités actuelles du pays gèrent l’héritage en matière d’infrastructures routières du père fondateur ? Toutes les routes qui, jadis faisaient la fierté du pays, n’existent que de nom. Qu’il s’agisse des routes nationales que de celles à l’intérieur de nos villes. Abidjan étant la vitrine du pays, nous allons nous intéresser aux routes ou rues de cette ville. Lorsqu’on se trouve à Cocody, on rencontre des routes en bon état, sûrement parce que c’est la commune qui abrite les autorités et la plupart des représentations diplomatiques. Les autorités politiques font des efforts pour garder en bon état les routes dans cette commune et c’est ce qui est logique. Est-ce une raison pour délaisser les autres communes de la ville ? Faites un tour à Yopougon, Abobo ou Attécoubé ou encore Koumassi et vous comprendrez notre cri de cœur. Il est difficile dans ces communes de se déplacer convenablement tant les routes sont en mauvais état. Pour exemple, dans la commune de Yopougon et précisément le quartier de Niangon-Sud, il n’y existe presque plus de routes et c’est un véritable parcours du combattant quand on veut le rallier ou en sortir. Des détours existent et sont utilisés mais ces voies secondaires sont toutes en train d’être dégradées à cause du flux de véhicules les utilisant. Des travaux entamés depuis un peu plus d’une année bloquent toute circulation. Les entreprises ont en effet fermé les voies principales d’accès dans ce quartier depuis des mois pour achever des travaux qu’ils ont démarré depuis une année et cette situation perturbe énormément la circulation dans ce quartier de Yopougon. Vivement que ces travaux prennent fin et libèrent les populations de Niangon-Sud emprisonnées depuis trop longtemps. L’autre problème lié à nos routes est la qualité des travaux de réhabilitation. A peine réparées que ces rues se dégradent. Le carrefour Saint-pièrre de Nangon-Sud livré il y à peine trois et un gros trou est visible dès les premières pluies du mois de juin. Les travaux sont mal effectués. Les entreprises, après avoir perturbé la circulation sur de longues périodes ne s’arrêtent pas là. Elles nous livrent des œuvres de très mauvaises qualités. Au bout de quelques semaines ou mois seulement après livraisons, ces ouvrages tombent en ruinent. L’exemple le plus palpable plan national est le cas du prolongement de l’autoroute du nord de Singrobo jusqu’à Yamoussoukro. Dire que la première portion de cette autoroute qui date des années 1980 est dans un meilleur état que celle faite il y a à peine quatre ans. Que valent alors ces travaux ? Seraient-ce les entrepreneurs actuels qui font mal leur travail ? Nous pensons que oui et la raison n’est autre chose que de vouloir se faire la maximum de bénéfice au détriment du travail bien fait. Tout le monde veut se faire de l’argent à tous les prix. Il est temps que l’Etat sanctionne véritablement les responsables de ces travaux mal effectués. Un décret a été pris dernièrement dans ce sens et c’est une bonne chose. Nous souhaitons qu’il soit appliqué dans toute sa rigueur afin que les grosses sommes investies dans la construction des infrastructures routières ne le soient pas en vain. Il faut que le gouvernement sévisse et que lui-même applique véritablement une politique de bonne gouvernance en attribuant l’exécution de ces travaux aux entreprises qui ont fait leurs preuves. Pour ce faire, il faut procéder à des appels d’offres et non des marchés de gré à gré comme le dénoncent certaines presses.

BOUSSOU Koffi Arcel