Tabou: Plus de 2 000 réfugiés réinsérés dans le tissu socio-économique

0
415

Plus de 2 000 ivoiriens réfugiés au Libéria à l’éclatement de la crise ivoirienne, ont réussi, grâce au HCR,  leur réinsertion socio-économique dans la localité de Tabou, 427 kilomètres au sud-ouest de la Côte d’Ivoire. Reportage.

 

Ce sont au total 2601 ivoiriens réfugiés au Libéria qui ont été rapatriés en Côte d’Ivoire par les soins de l’Agence des Nations Unies pour les Réfugiés (Hcr). Ceux-ci, fuyant la guerre qui a éclaté en Côte d’Ivoire pour se mettre à l’abri au Libéria voisin, ont finalement consenti à retourner au pays, à la faveur du retour à la normalité politique et institutionnelle.

Mais ils ne sont que retournés sur leurs terres natales. Plusieurs parmi eux, ont réussi à se réinsérer dans le tissu socio-économique, avec l’appui logistique et l’encadrement du Hcr et ses partenaires dont l’ASAPSU.

C’est le cas de Madeleine Gnébahou, 30 ans, revenu au pays en 2017 après quatre années passées dans le camp de réfugiés de Maryland au Libéria. Grâce au Centre de Formation Professionnelle de Tabou mis en place par le HCR et qu’elle a intégré, cette jeune dame à l’allure joviale et qui affectionne les métiers d’hommes a pu se former à la ferronnerie. ‘’Au Libéria, j’étais la seule fille qui faisait le taxi-moto et les gens appréciaient bien. Aujourd’hui, je fais la ferronnerie avec le même plaisir’’, confie-t-elle, un sourire en coin.

Dans ce Centre qui forme aux métiers de la menuiserie, la construction métallique, la plomberie bâtiment, l’électricité bâtiment, l’informatique, la comptabilité simplifiée, la gestion associative…et qui compte pour 70 % d’ex-réfugiés, Laurence Amoin Koffi a quant à elle, choisi la couture. ‘’Je suis heureux de retourner dans mon pays. Je remercie le HCR grâce à qui je pourrai vivre d’un métier comme la couture. Nous ne nous sentions pas du tout à l’aise au Libéria, loin de nos parents. Notre longue présence là-bas se justifie par les rumeurs récurrentes de reprise de la guerre en Côte d’Ivoire’’, se réjouit-elle.

Outre le Centre de formation professionnelle, l’EPP Yocobo 1 (IEP Tabou), réhabilité par le HCR, renaît quant à elle de ses cendres. Une de ses particularités étant l’accueil de plusieurs élèves réfugiés au Libéria dont certains s’expriment à la fois en Anglais et en Français.

Le programme de solutions durables accordé aux réfugiés a également permis au HCR de construire 73 logements et 53 autres en cours au bénéfice des personnes qui se retrouvent sans abri au moment de leur retour.

« Les besoins sont immenses par rapport à cet apport », note M. Antoine Moménou, Administrer chargé des Solutions durables au Hcr-Tabou. Qui annonce par ailleurs la fermeture, en décembre 2017,  du bureau HCR de Tabou, localité dont les activités seront désormais coordonnées par le Hcr-Guiglo. ‘’Il appartient aux autorités locales et étatiques de prendre le relais dans l’assistance aux populations de cette zone’’, précise-t-il.

Au total, la présence du HCR dans cette zone de l’extrême sud-ouest de la Côte d’Ivoire aura permis d’éviter une catastrophe humanitaire à plus de 3 000 réfugiés ivoiriens au Libéria du fait de la crise de 2002 et la crise postélectorale de 2010-2011.

 

Hervé Gobou

Envoyé spécial à Tabou